Par la compagnie Filaments
Concarneau

Interprète, Virginie Hue
Direction d’acteur, Marc Frémond
Ecriture, Virginie et Marc
Création lumières, Stéphane Martel
Photo affiche, Franc Betermin
Conception affiche, Eva Perret

On n’est quand même pas rien l’un pour l’autre

 

Ghislaine B.
Portrait d’une femme qui dépose ses rêves dans l’ombre des regards sur le plateau d’un théâtre

Nous voici avec Ghislaine B, concierge, femme de ménage dans un théâtre. A l’heure où les spectateurs sont partis, elle prend l’espace du plateau pour y déposer ses rêves. Elle dévoile les coulisses du spectacle, ce qu’elle a vu des auditions, des espoirs et désespoirs des comédiens. Elle joue et rejoue les scènes. Elle écoute ses bandes sons, ces extraits de spectacles qu’elle enregistre comme s’ils lui étaient nécessaires pour simplement vivre. Elle est là, comme les personnages du peintre Vincent Giquel : elle est à ce qu’elle fait. Sans regard sur elle. Elle se révèle aussi, se multiplie. Son alter ego ? La servante, cette lumière sacrée qu’on allume dans les théâtres à l’heure où le théâtre est vide. Elle n’a l’air de rien mais elle veille sur tout ce qui a été. Elle sert le théâtre. Cette servante est à la fois ou successivement sa partenaire, son amie, sa confidente son alter ego. Ghislaine vit son rêve ou rêve sa vie ? Elle joue pour de vrai ? Pour de faux ? Elle joue dans la pénombre, ses entrailles, ce qui l’anime et la tient debout. Elle s’autorise un temps pour sortir de l’habitude. Etre là vraiment. Vivre. Sortir de sa boîte. A nu. A vif. A cran. Virginie Hue

 

 

La Comédienne
Virginie Hue est originaire de Normandie, du Bocage, de la terre agricole d’où il faut s’arracher pour pouvoir devenir, se découvrir d’autres possibles. Après deux années d’études littéraires et de langues étrangères à la Faculté de Caen, elle part vivre en Irlande dans une communauté Rudolf Steiner. Elle apprend à vivre avec «des autres», autistes, sourds et muets, handicapés, valides, Brésiliens, Irlandais, Algériens, gardiens de troupeaux, paysagistes, utopistes, journalistes de Rock and Folk Américains.
Après deux ans de vie collective, elle part vers Dublin, découvre les musiciens, chanteurs, groupes undergrounds des caves de Temple Bar, peintres et comédiens, banquiers et prostituées.
A son retour en France, elle travaille dans un foyer pour adultes et crée une pièce de Théâtre avec vingt d’entre eux «pour échapper au quotidien et à la routine institutionnelle» puis se forme à l’IRTS de Caen au métier d’Educatrice Spécialisée. Elle obtient les félicitations du jury pour son mémoire «L’engagement, une valeur en voie de disparition ?» sous la direction du sociologue, Jean-Luc Charlot. Elle suit les cours de l’Ecole de Théâtre de Caen, ACTEA pendant un an. Elle devient Chef de service de La Maison Arc En Ciel dans le Morbihan et axe son travail sur la relation entre ces enfants et le village, «changer le regard des gens dits normaux, les impliquer».
Elle débute en tant que comédienne professionnelle en 2001 avec la compagnie Contre Ciels.  Elle se forme auprès de Bernard Colin à Rennes, et sera comédienne dans sa compagnie pendant quatre ans.
Virginie continue sa recherche artistique seule, et crée sa compagnie Filaments en 2019. Elle s’entoure d’équipes artistiques différentes selon les créations « pour échapper à la notion de troupe et développer un jeu toujours en mouvements« . Sa rencontre avec Marc Frémond, Norman Taylor et Martine Dupé, tous les trois formés à l’Ecole Internationale de Jacques Lecoq à Paris, résonne et aiguille son jeu considérablement. «C’est un peu mon conservatoire en accéléré».

Marc Frémond, auteur, metteur en scène et comédien
Paradoxalement, c’est dans le cadre du travail corporel pratiqué à l’école Jacques Lecoq (Paris) qu’il découvre le besoin et le plaisir d’écrire. Pour produire ses textes, il a longtemps pratiqué le spectacle en solo : Camisole (meilleur spectacle du festival de Liège), Bufo-Bufo, crée au Centre dramatique de Haute-Normandie, Frémond au Bestiaire, Direct au coeur et Saperlipod’bête ont été joués au Festival d’Avignon, au Festival de Saint-Gervais, au Festival de la Francophonie d’Evry, à Paris (au Point- Virgule, sur la scène de l’Olympia et des Bouffes parisiens dans le cadre des «Lundis du rire»), mais aussi en Belgique, en Angleterre, au Mali, au Sénégal et en Suisse.
Il développait dans ces spectacles un univers surréaliste où des personnages à mi-chemin entre l’homme et l’animal distillaient drôlerie et poésie. Son personnage de crapaud se mettant cinq balles de ping-pong dans la bouche pour dénoncer le non-sens de la course à l’armement est ainsi apparu à plus de cinq cent reprises.
Pour mieux projeter dans son travail, son rapport au monde, Marc Frémond s’est ensuite consacré à l’écriture et à la mise en scène. Si la drôlerie reste présente dans ses pièces, l’absurdité et la cruauté de notre société ressortent de façon cinglante dans un univers toujours poétique. Ainsi, depuis 1996, il a écrit Le Grand Voyage, Les Encombrants, La Valse à trois temps et Chambre au Nord. Pour le Pébroc Théâtre, il a mis en scène Le Grand Voyage, spectacle créé en 1997 au Centre dramatique national de Normandie, puis au festival off d’Avignon 1999 ( la pièce a été éditée à l’Avant-Scène Théâtre). Chambre au Nord, écrite en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon (création en 2001 au CDN de Normandie), a été publié à l’Avant-ScèneThéâtre en 2001, avec La Valse à trois temps, commande de la compagnie Euphoric Mouvance.
Marc Frémond est aussi formateur, à l’Ecole internationale Jacques Lecoq (Paris), dans le cadre de la cession des bouffons. Il intervient au Théâtre de la Digue (Toulouse), au Centre dramatique national de Normandie et à l’Actéa (Caen).
Aujourd’hui, il continue d’écrire et joue à l’Opéra de Paris avec Jos Houben.

La compagnie
Filaments explore les mondes enfouis, qu’ils soient géographiques, humains ou temporels. Tout ce qui se tisse, ce qui se cache, ce qui est imperceptible ou incompréhensible attire l’oeil de la comédienne. «Explorer le désir de chaque un, ce qui le tient debout, vivant. Partir de son mouvement naturel, voir comment ces Uns tracent leur chemin vers ces Autres, ou pas. Puis construire, écrire, créer et tenter le théâtre».
Le Théâtre de Filaments «se tait, il ne parle pas : il dit de l’écriture. Il fait jouer le passé de la trace sur la page avec le présent de la voix dans l’espace».
Le texte parcourt les milieux, le corps, la voix, les spectateurs, traverse la mise en scène, la souffle, pour enfin la relever et jouer la note la plus juste, la couleur la plus exacte de son histoire et de son auteur.
La Compagnie Filaments est ancrée sur le Territoire de Concarneau depuis 2005. Elle collabore avec les acteurs culturels locaux, et, choisit les artistes selon la texture des créations. Depuis Août 2020, Virginie Hue est rejointe par des artistes concarnois : Emeline Rabadeux, danseuse; Anne Roturier, violoncelliste, et Mikel Dronval, musicien. En 2022, Filaments travaille avec un collectif d’artistes sous la direction de Norman Taylor, professeur du mouvement de l’Ecole Jacques Lecoq et met en place des stages, conférences spectacles et Masters Classes en collaboration avec la MJC de Tregunc. Virginie met en scène depuis trois ans les élèves de quatrième des collèges de Concarneau, des comédiens amateurs et fonde une troupe à Trégunc, « Les Incandescents » afin que le Théâtre vive dans la cité.

Durée :  1 heure