De Blaise Cendrars
Illustré par Fernand Léger

Mise en voix, en jeu, en couleurs par Patrick Vendrin

Accompagné des musiciens
Toussaint Guerre, clarinette, saxophone, flûte
Denis Fournier, batterie, percussions

 

Poème-roman-scénario surréaliste et anticipatoire, publié en 1919
longtemps oublié et récemment réédité comme chef d’œuvre de Blaise Cendrars

 

En octobre 1919, ce texte de Blaise Cendrars est édité par les Editions de la Sirène – Paris,  sous la forme d’un grand album – livre d’artistes comportant vingt-deux illustrations en simultané d’écriture de Fernand Léger, dont vingt coloriées au pochoir. L’ouvrage retrace avec drôlerie l’apocalypse du monde moderne en cinquante-cinq petits chapitres. Véritable expérimentation typographique, le travail d’illustration de Léger intègre des lettres, des chiffres, des slogans de publicité et des citations dans des compositions souvent éclatées qui traduisent l’agitation de la grande ville. La force plastique des caractères d’imprimerie associée aux aplats colorés rappelle la fascination du peintre pour l’esthétique de la réclame. En écho au texte conçu par Cendrars comme un scénario de film, Léger joue de surprenants effets de cadrage et de gros plans qui évoquent au fil des pages le principe du fondu enchaîné.

Pourquoi La Fin du Monde sur scène ? (par Patrick Vendrin)

Parce qu’elle complète avec des moyens et matériaux nouveaux la trilogie – Les Pâques à New York, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, Le Panama ou l’aventure de mes 7 oncles – qui fonde l’écriture de Blaise Cendrars et révolutionna la poésie.

Parce qu’entre cette trilogie fondatrice écrite en 1913 et ce « roman » écrit en 1917, Cendrars s’est battu dans cette guerre de 14-18. Il y a perdu le bras droit et secoué son goût intense de vivre et d’écrire.

Parce qu’exilé volontaire à la campagne, il écrit de la main gauche, en une seule nuit et sans rature – « … ma plus belle nuit d’écriture, ma plus belle nuit d’amour » – ce long poème surréaliste sous forme d’un scénario de film qu’il ne réalisera pas.

Parce que cet ouvrage, livre d’artistes sous forme de grand album, fût le résultat d’une collaboration picturale avec Fernand Léger transposant graphiquement et en couleurs les moyens de temps, mouvements et espaces du cinéma en simultané de l’écriture.

Parce que j’aime ce pari de faire entendre ce texte étonnant, détonnant, avec la musique qui se créera en direct comme l’expression plastique se fit alors, en confiance, avec l’écriture du texte.

Parce qu’il s’agit pour moi, humble artiste interprète, d’un nouveau défi, comme cela en fût un bien plus grand pour l’écrivain à la création de ce texte sidérant.
Parce qu’il s’agit d’une expérience qui n’a de sens et de réalité qu’en étant partagée en direct.
Parce que mon intuition me le dit.

Une heure pour une nuit …

 

 

Patrick Vendrin, artiste pluridisciplinaire du spectacle vivant
De formations en recherches, de créations en productions, il pratique le mime, la marionnette, le théâtre d’ombre, le masque, le clown, le chant, les percussions corporelles, l’art dramatique et poétique … pour la scène et la rue, dont Voix Vives de Méditerranée en méditerranées depuis 15 ans.
Il pratique jusqu’à aujourd’hui la lecture à voix haute publique et scénique, individuelle et collective, dont il est formateur depuis de nombreuses années.
Improvisateur, performeur, metteur en voix et en scène, son support de prédilection est devenu la lecture sonore de toutes formes d’écrits par l’expression d’une voix de passage, de partage, particulièrement à travers la poésie.

Luigi Pirandello

Denis Fournier  est un batteur percussionniste de jazz et musique improvisée né à Montpellier. Autodidacte, il commence à jouer de la batterie à l’âge de 15 ans, et devient professionnel à 17 ans. Il se tourne vers le jazz au début des années 1980, Denis développe une nouvelle conception mélodique de la percussion et transforme son instrument en ajoutant des percussions traditionnelles (djembé, bodhrán, clôches) pour étendre les possibilités mélodique de la batterie moderne; son style devient reconnaissable dès les premières mesures. Depuis 2011, Denis Fournier partage son activité artistique entre la France et les États-Unis et les jazzmen et women de Chicago.
Il est le fondateur et directeur artistique du label Vent Du Sud. Il anime le Collectif artistique du Chaos

Toussaint Guerre commence la musique dès son enfance au conservatoire de Montpellier et au JAM où il étudie la contrebasse et la clarinette. Il fait ensuite la rencontre d’Abdu Salim, saxophoniste texan avec lequel il approfondira ses connaissances tout en étudiant en parallèle au département jazz du conservatoire de Montpellier. Diplômé du MIMA, il participe à de nombreux projets éclectiques dans le domaine du jazz et des musiques actuelles. En parallèle il commence à donner des cours de clarinette et saxophone et se découvre une autre passion à travers l’envie de transmettre. Actuellement très actif sur la scène montpelliéraine, il se consacre à y développer les musiques libres et improvisées, sans perdre de vue son envie d’importer ses influences jazz au sein des musiques actuelles.

Blaise Cendrars
(1887 – 1961)

Il publie Les Pâques à New York en 1912, puis en 1913, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Dès 1914, il s’engage dans la Légion étrangère. Gravement blessé en 1915, il est amputé du bras droit et réformé. La nuit du 1er septembre 1917, il découvre son identité nouvelle d’homme et de poète de la main gauche, en rédigeant, au cours de sa « plus belle nuit d’écriture » La Fin du monde filmée par l’Ange N.-D. Suivent près de quarante ans d’écriture où le romancier construit son oeuvre avec ses célèbres récits aventureux.

Fernand Léger
(1881 – 1955)

Peintre, scuplteur, céramiste, dessinateur, illustrateur, décorateur de cinéma et de théâtre, créateur de tapisseries et de vitraux

Pionnier du cubisme, paysan de l’avant-garde ou « Tubiste », il a été l’un des premiers à exposer publiquement des travaux d’orientation cubiste. Il s’éloigne vite de l’orientation intimiste de Braque ou Picasso, pour s’intéresser aux sujets intégrant la société en train de naître, le travail, la modernité, l’industrie.

Durée :  environ 1 heure