De
Emmanuelle Malhappe
Mise en scène
Bernard Colin
Jeu
Violaine Vérité
A l’amour qui fait ce qu’il peut…
La pièce
Entrée dans la force de l’âge, une femme parle. Son enfance la tarabuste, ou bien la turlupine, qui sait ? Elle met à jour ce dans quoi elle se débat. Poème-monologue, Ça passe trop vite est une histoire de voix et de corps, de rythme, d’enfance qui se dépasse comme une mue, une histoire où comme l’avait vu Tristan Tzara, « la pensée se fait dans la bouche »…
« L’obsédé textuel que je suis, ne pouvait que tomber dans le piège tendu par Emmanuelle Malhappe. Elle vient nous voir, poétesse qui cherche une actrice pour jouer ce texte. Elle trouve Violaine. C’est parti. Un texte comme un cadeau, comme un radeau. Physique, oral, rude et gracieux. Un langage très simple, direct, parfois enfantin, où tout est rythme, souffle, ressassement, tentative d’évasion… Une voix dont le thème est la parole, d’où elle sort, où elle va. Depuis l’enfance, elle nous sculpte. Le parlêtre à donf, en train de se constituer sous nos yeux. Une tendre bataille avec sa propre source. Emmanuelle me demande qu’en penses-tu. Je réponds c’est beau. » Bernard Colin
La scène
Après, c’est le travail avec Violaine, commencé il y a vingt ans, d’abord avec Marguerite Duras, poursuivi avec Michèle Desbordes, Annie Ernaux, Carole Martinez… Cette actrice, son intelligence de la relation, de la sincérité, du mouvement des affects, de ce que parler veut dire. Et toujours cette même visée de mettre le texte debout. De trouver ce que ça raconte que de dire ça. Par où ça passe.
Le pari d’un Nième spectacle ensemble, c’est de trouver encore autre chose, continuer de creuser, s’aventurer dans la mine, chercheurs d’or. Un actrice qui sait que la parole, c’est du corps, de l’air, de la terre, du sang. Et surtout une actrice qui partage, qui donne, qui affronte pour nous, syllabe par syllabe, les difficultés d’un texte comme celui-ci.
L’autrice
Chercheuse acharnée du côté du langage et de l’indicible mais si désirable rencontre, d’abord en enseignant la littérature du XVIIIème siècle et la poétique des textes à la Sorbonne Nouvelle, plus tard et maintenant en exerçant la psychanalyse, Emmanuelle Malhappe a toujours écrit, que ce soit du théâtre ou des nouvelles, des essais, des chroniques pour la radio ou de la poésie.
Sa poésie et ses nouvelles ont été traduits en plusieurs langues dans des revues. Son recueil poétique Entre est le pays est publié aux Éditions L’harmattan. Un recueil mêlant poésie et philosophie (Éclats de femme, silence du féminin ) a été publié aux éditions Ubik-Art Moresa ainsi qu’un recueil de poésie qu’elle a co-écrit avec Antonio Rodriguez Yuste. Elle participe à de nombreux festivals en France et dans le monde entier.
Écorchée vive, curieuse d’apprendre, sa poésie est une tentative pour extraire un peu de vie du magma du réel et jeter des ponts là où les précipices menacent de nous aspirer et de nous priver de ce qui fait humains.
Durée : 1 heure